Mark Zuckerberg ne détient que 13,4 % du capital de Meta, mais contrôle plus de 60 % des droits de vote. Alors que le groupe prépare une gigantesque opération de financement pour l'intelligence artificielle, son fondateur entend préserver cette situation grâce à une nouvelle catégorie d'actions. Explications.

Mark Zuckerberg prépare un nouveau mécanisme pour conserver le contrôle de Meta, même si sa participation au capital venait à diminuer.  © favoritesphoto / Shutterstock.com
Mark Zuckerberg prépare un nouveau mécanisme pour conserver le contrôle de Meta, même si sa participation au capital venait à diminuer. © favoritesphoto / Shutterstock.com

Chez Meta, posséder une participation minoritaire n'empêche pas d'avoir le dernier mot sur les grandes décisions. Ce paradoxe prend une nouvelle dimension alors que le groupe envisage de mobiliser jusqu'à 97,5 milliards de dollars pour financer ses ambitions dans l'IA, comme nous l'expliquions dans notre précédent article.

Comment accueillir de nouveaux investisseurs sans affaiblir le pouvoir de Mark Zuckerberg ? La réponse se trouve dans un mécanisme annoncé quelques jours avant cette opération financière.

Une minorité du capital, mais la majorité des voix

Tout repose sur la structure du capital de Meta. L'entreprise dispose de deux catégories d'actions principales : les actions A, qui accordent une voix chacune lors des votes des actionnaires, et les actions B, qui en donnent dix.

Grâce aux actions B qu'il détient, Mark Zuckerberg contrôlait, au 1er octobre 2026, environ 60,6 % des droits de vote de Meta, pour seulement 13,4 % du capital, selon les documents déposés auprès de la SEC, le régulateur boursier américain.

Autrement dit, même sans posséder la majorité du capital, Zuckerberg peut à lui seul déterminer l'issue des votes des actionnaires, notamment l'élection de l'ensemble des administrateurs. Une position qui lui permet de conserver la main sur les grandes orientations du groupe.

Or, l'émission de nouvelles actions avec droit de vote pourrait progressivement réduire cette majorité. C'est précisément ce que Meta cherche à éviter.

Des actions sans droit de vote pour financer la croissance

Le 21 octobre, Meta a annoncé la création d'une troisième catégorie d'actions, baptisée classe C, dont la mise en place est prévue en janvier 2027. Contrairement aux deux premières, ces nouvelles actions ne donneront aucun droit de vote, sauf exceptions prévues par la loi.

Le mécanisme prévoit d'abord de distribuer une action C pour chaque action A ou B déjà détenue. Les actionnaires recevront donc de nouveaux titres, sans obtenir davantage de pouvoir dans les décisions du groupe. Cette distribution ne crée pas, à elle seule, de richesse supplémentaire : elle répartit la valeur économique entre davantage d'actions.

Meta pourra ensuite émettre de nouvelles actions C pour lever des capitaux, rémunérer ses salariés ou financer d'éventuelles acquisitions. De nouveaux investisseurs pourraient ainsi entrer au capital sans obtenir de droits de vote. Zuckerberg pourra également revendre ses propres actions C sans perdre de voix : 20 % immédiatement, puis le reste progressivement sur huit ans, à condition de rester à la tête du groupe. Résultat : sa participation économique pourrait diminuer, au fil des nouvelles émissions ou de ses propres ventes, sans entamer sa majorité des droits de vote.

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Le dispositif ne répond d'ailleurs à aucune urgence. Selon les estimations de Moelis, la banque conseil du comité d'administrateurs indépendants chargé d'examiner le projet, Meta pourrait théoriquement lever quelque 700 milliards de dollars en actions classiques sur plusieurs années avant que Zuckerberg ne passe sous les 50 % des droits de vote. Le fondateur a cependant fait savoir qu'il ne soutiendrait pas une importante levée de fonds réduisant son pouvoir de vote.

La classe C lui offre ainsi une garantie supplémentaire : Meta pourra rechercher de nouveaux financements sans que chaque émission d'actions vienne rogner son contrôle.